Il y a 60 ans, les Laurentides changeaient le ski avec la première remontée mécanique

Roland Liboiron deplore que cet événement historique ne soit pas commémoré

Il y a 60 ans, les Laurentides changeaient le ski avec la première remontée mécanique

Plus de cinquante ans après avoir signé des chroniques de ski dans les journaux du temps, tels Le Canada et La Patrie, le veteran chroniqueur Roland Liboiron reprend son clavigraphe à 82 ans. Dans un texte acheminé au Journal de Montréal, il deplore que l’anniversaire d’un événement historique, survenu il ya 60 ans, soit passé sous silence: l’arrivée de la première remontée mécanique.

En effet, en 1932-33, les Laurentides se dotaient de cette nouveauté qui allait révolutionner le ski en Laurentides et du continent. On était alors loin des quadruples remontées et des gondoles d’aujourd’hui.

“Dommage que la generation actuelle ne se souvienne pas d’Alex Foster, le concepteur de cette remontée mécanique, écrit dans son style alerte monsieur Liboiron, aujourd’hui retraité, à Saint-Laurent. Il est malheureux que rien n’ait été prévu pour commémorer l’événement.”

De quelle façon fonctionnait la remontée mécanique à l’époque? Son créateur, Alex Foster, s’était simplement servi d’un moteur de camion Dodge à quatre cylindres pour mécaniser un cable.

Pour sa part, M. Liboiron regretted que les dirigeants des stations de ski, trop préoccuppés par la recession et par le manqué de neige cette saison, aient omis de commémorer cet événement. Les Américains, de leur côté, avaient tellement mieux fait les choses lors du 50e anniversaire de l’installation de leur première remontée.

“En effet, le prestigieux New York Times, dans son numéro du 28 Janvier 1984, avait pris grand soin de souligner toutes les celebrations entourant le cinquantième anniversaire de l’invention de Foster à Woodstock, dans l’etat du Vermont, explique-t-il. Il y avait eu un carnival, un defile aux flambeaux, des feux d’artifice, un banquet, des films d’époque et j’en passé. Toutes ces agapes avaient été organises avec la participation de champions olympiques et de la 10e division Montagnards de l’armée américaine.”

Historien, M. Liboiron posséde des notes de la Vermont Historical Society.

“Quelques jeunes homes d’affaires de New York, qui venaient tous les hivers au Vermont, auraient demandé à l’aubergiste Robert Royce, du Cupboard Inn, de s’informer des rumeurs qui circulaient à propos d’une certaine patente au Québec qui transportait les skieurs en haut d’une montagne, pousuit-il. Se plaignait du fait qu’ils passaient leur journée à gravir les pentes, ils ont investi la somme de 75$ pour financer les recherches et l’aubergiste a délégué des skieurs du village à Shawbridge pour venir s’informer auprès d’Alex Foster lui-même.

“Émerveillés par l’invention de Foster, ils sont retournés avec l’idée et les plans d’une première creation qu’ils ont copiée avec un modèle T de Ford. Ils devaient inaugurer leur première remontée mécanique le 28 Janvier 1934, donc deux ans plus tard qu’au Québec.

“Il est regrettable que, 60 ans plus tard, cet événement ait été  ignore dans les Laurentides. C’est comme si Alex Foster n’avait jamais existé chez lui.”

Le plus bel homage à Foster fut rendu par Frank Elkins, le repute chroniqueur de ski du New York Times.

“Skieur émérite lui-même, Elkins était amoureux des Laurentides qu’il visitait tous les hivers, continue M. Liboiron. Il avait parcouru l’ensemble des grands centres d’Europe en plus de vivre des experiences au Groenland et dans le nord de la Finlande.”

“Ce meme Elkins m’avoua un jour qu’il était étonné du fait que les Laurentides n’aient absolument rien fait pour commémorer cette première installation en Amérique du Nord qui a transformé le sport du ski. Dans l’une de ses chroniques, Elkins avait même suggéré qu’une plaque soit érigée à l’endroit meme où Foster avait installé son moteur Dodge.”

Cette invention devait révolutionner le ski puisque, quelques années plus tard, grâce à un certain monsieur Paquette (propriétaire du garage du meme nom à Sainte-Agathe), d’autres remontées étaient installées à Sainte-Adèle, à Saint-Sauveur et à Sainte-Agathe.

“Tellement enthousiasmé par le trait de genie de Foster, M. Paquette installa d’autres remontées au mont Tremblant en 1938 puis à Sainte- Adèle, à Saint-Sauveur et, bien sûr, à Sainte-Agathe”, rappelled M. Liboiron, autrefois contrôleur du Lodge Tom G. Potter à Sainte- Adèle (aujourd’hui détruit) et journaliste à ses heures.

Pour terminer, M. Liboiron a un souhait “L’Association des centres de ski des Laurentides devrait honorer Alex Foster, insiste-t-il. Je verrais très bien ce projet realise de concert avec le Musée du ski Jack Rabbitt Johannsen.

Merci, monsieur Liboiron pour cette belle leçon d’histoire.

Ecrit par Mario Brisebois, Le Journal de Montréal, Mercredi 6 Janvier 1993.      

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